Qu'est-ce que l'Islam

avril 16, 2009 
Categorie : Islam, Qu'est-ce que l'Islam

Qu’est-ce que l’Islam ? On pourrait répondre d’un seul mot : la prière, à condition de l’entendre comme désignant, au-delà des actes cultuels, l’engagement de l’homme tout entier.

Et telle est bien la signification du terme islâm qui provient du verbe aslama : << s’en remettre, s’abandonner >> (à Dieu).

L’étymologie se rattache également à la paix (salâm). Ainsi se reconnaissent entre eux et se saluent les musulmans: << Que la paix soit avec toi ! >>, cette remise confiante émane de la Paix et conduit à Elle.

Alors que les grandes religions du monde portent le nom de leurs fondateurs -Christianisme, Bouddhisme, Zoroastrisme – ou celui du pays où elles ont pris naissance – Judaïsme, Hindouïsme -, l’Islam se définit essentiellement comme une attitude à l’égard du Créateur et, partant, des créatures. Deux conceptions devront donc être retenues.

En premier lieu, le terme islâm s’applique à la religion fondamentale de l’être humain, c’est-à-dire à sa capacité innée de reconnaître ce qui le relie à Dieu. Créé à Son image, il est  << capable de Dieu >> : il existe, au tréfonds de lui-même, la possibilité de s’en approcher, de témoigner de la confiance en Son amour et Sa miséricorde.

Il nous est dit dans le Coran (VII, 172) que le Seigneur, interrogeant dans la pré-éternité les germes de l’humanité (future) encore en Adam incréé, leur demanda : << Ne suis-Je pas votre Seigneur ? >> Ils répondirent << Mais oui ! Nous en témoignons [1]. >> Et c’est à ce pacte primordial que se rattache la vassalité, la dépendance de la race adamique envers Celui qui l’a fait sortir du néant.

Le Livre sacré de l’islam déclare que tout être célèbre les louanges de Dieu,

<< l’oiseau en étendant ses ailes, l’arbre en projetant son ombre >>, mais que nous ne comprenons pas leur langage. La raison d’être de la Création, nous est-il encore rappelé, est l’adoration du Dieu Un.

Mais si la Création toute entière Le glorifie – c’est-à-dire fait acte d’islâm en obéissant à la loi de son être propre (la pierre tombe, le feu brûle, la planète tourne) -, seul l’homme est libre de prier. En cela réside le tragique et la grandeur de sa condition. Son éminente dignité tient à la responsabilité qui lui est conférée de jouer le rôle de « lieutenant », de « calife » de Dieu sur la terre, de coopérer â l’oeuvre de Sa volonté sainte. Car la prière est aussi agir.

Notons au passage combien est erronée l’accusation de « fatalisme » portée si souvent contre l’Islam, puisque toute âme doit répondre de ses actes devant la justice divine. Ce qui implique, en outre, qu’il ne peut exister << de contrainte en matière de religion >>, comme l’affirme avec force le Coran II, 256).

La deuxième acception du terme islâm, c’est la religion de la communauté fondée au VIIe siècle de l’ère chrétienne par Muhammad, considéré par le milliard de musulmans existant aujourd’hui dans le monde comme un Envoyé, un Messager de Dieu, chargé de transmettre Sa Parole. Cette Parole s’incarne dans un Livre révélé : le Coran. Si le Christianisme se réfère à une personne, c’est sur une écriture sacrée que se fonde l’Islam. Ici encore, il convient de faire justice d’une erreur trop répandue : c’est un véritable contresens que de parler de « Mahométans » puisque aucun culte n’est rendu à Muhammad, Prophète certes, mais homme comme chacun de nous. C’en est une autre que d’appeler l’Islam « religion des Arabes », ceux-ci ne représentant, sur une aire territoriale qui s’étend de Tanger à Lahore, du Caire à Djakarta, que un huitième environ de cette communauté de près d’un milliard d’hommes.

Selon quels critères les musulmans vont-ils voir dans le Coran une révélation d’origine divine ? Tout d’abord, l’authenticité scripturaire du Livre saint, à la différence de toutes les autres Ecritures, n’a jamais été contestée, même par les adversaires les plus acharnés de l’Islam.

En effet, qu’il s’agisse de l’Ancien Testament ou des Evangiles – sans parler des Védas, des Upanishads, des Ecritures bouddhiques, etc. -, nous ne disposons que de manuscrits tardifs et parfois traduits. C’est ainsi que les manuscrits des évangiles dont nous disposons ne datent, à l’exception d’un petit fragment de celui de saint Jean, que du IVe siècle (en faisant, bien entendu, abstraction de la Tradition vivante au sein des communautés chrétiennes).

En ce qui concerne la Bible, ses livres ont été rédigés à différentes époques. On ne peut écarter la possibilité de divergences et d’interpolations. Au contraire, les manuscrits du Coran datent du temps du Prophète lui-même et ne diffèrent pas d’un seul point entre eux ; l’exemplaire du Caire, celui d’Istanbul, celui de Médine et bien d’autres sont rigoureusement identiques et contemporains du tout début de l’Islam.

Il est donc possible au croyant de se fonder sur leur lettre, sans avoir recours à une interprétation humaine ou à une tradition orale ; le musulman doit lire le Coran comme s’il lui était révélé à lui-même, en appliquant à cette lectio divina toutes les ressources de son intelligence et de sa culture et en implorant la grâce de Dieu, pour l’éclairer dans cette tâche. Il n’y a dans l’Islam ni Eglise, ni clergé, ni conciles, et les savants ne sont consultés, le cas échéant, que pour éclaircir, en leur qualité de jurisconsultes, l’application requise d’un point de droit à un cas particulier. Le musulman sera donc son propre officiant : il n’existe pas d’intermédiaire entre Dieu et lui, sauf la Révélation qu’il méditera et dont il s’efforcera de pratiquer les commandements.

Quant aux diverses interprétations données au texte coranique, elles resteront inscrites dans le cadre précis de ce texte et ne  représenteront donc que des conceptions plus ou moins élaborées ou raffinées, ne pouvant jamais contredire le donné scripturaire, qui seul fait foi. Ces interprétations n’auront donc jamais à porter sur le dogme, mais sur des aspects secondaires, sur la façon de comprendre une métaphore ou un symbole. C’est ainsi que le croyant le plus illettré ne s’écartera pas – ne peut s’écarter – du donné révélé, mais qu’il prendra peut-être au ras du sens obvie les descriptions d’un Paradis rempli d’ombrages et d’eaux vives, tandis que le philosophe n’y verra que des symboles de la Béatitude éternelle.

En présence d’un texte sûr et reconnu, la question essentielle  demeure quant au fond : comment affirmer qu’il ne s’agit pas là d’une œuvre purement humaine ? La personnalité du Prophète, sa parfaite loyauté attestée par ses pires ennemis, permet d’écarter a priori l’imposture.

On comprendrait difficilement son courage à supporter  les pires épreuves pour témoigner de sa mission qui ne lui valut, en fin de compte, que de grandes souffrances.

<< Jamais homme, a-t-on dit de lui, ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la création et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la Divinité dans ce chaos de dieux  matériels et défigurés de l’idolâtrie.

<< Jamais homme n’entreprit, avec de si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines, puisqu’il n’a eu, dans la conception et dans l’exécution d’un si grand dessein, d’autres instruments que lui- même et d’autres auxiliaires qu’une poignée de barbares dans un coin du désert.

<< Enfin, jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et si durable révolution dans le monde puisque, moins de deux siècles après sa prédication, l’Islam prêché et armé régnait sur les trois Arabies, conquérant à l’Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, le Caucase, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.

<< Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armes, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toute langue et de toute race, et il a inspiré, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu Un et immatériel. Ce patriotisme vengeur des profanations du ciel fut la vertu des enfants de Mahomet ; la conquête du tiers de la terre à son dogme fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison. L’idée de l’Unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théologies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu qu’en faisant explosion sur les lèvres, elle incendia les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde.

<< Sa vie, son recueillement, ses blasphèmes héroïques contre les superstitions de son pays, son audace à affronter les fureurs des idolâtres, sa constance à les supporter quinze ans à La Mecque, son acceptation du rôle de scandale public et presque de victime parmi ses compatriotes, sa fuite enfin, sa prédication incessante, ses guerres inégales, sa confiance dans les succès, sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, sa conversation mystique avec Dieu, sa mort et son triomphe après le tombeau…

Philosophe, orateur, apôtre, législateur, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet.

<< À toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ? >> Ce vibrant hommage, ce n’est pas à un musulman qu’il est dû, mais à Alphonse de Lamartine, dans son Histoire de la Turquie, II.

C’est pourquoi, depuis plus de treize siècles, tous les musulmans évoquent avec gratitude, dans leurs oraisons, le Messager de Dieu. Evoquent, et non invoquent, car on ne prie que le Seigneur seul.

La véritable stature du Prophète est généralement ignorée en Occident, tant du fait des polémiques anciennes que de la difficulté rencontrée souvent par un non-muslman pour comprendre, en raison de son engagement dans des activités sociales, politiques, économiques, son rôle d’archétype de la vie spirituelle. Non seulement il consacra toute sa vie, au prix des pires difficultés, à témoigner de sa certitude d’avoir reçu de Dieu une Révélation – le Coran – dont il se fit le fidèle transmetteur, mais il dut jouer le rôle de législateur et de chef de la Communauté.

Le seul miracle revendiqué par l’Islam réside en cette Révélation même. Né à La Mecque, en 570 de l’ère chrétienne, Muhammad était orphelin, illettré et pauvre. Il travaillait comme caravanier. Sa famille était dans l’ensemble idolâtre, comme c’était le cas pour les Mecquois moyens.

Cependant, il cherchait autre chose et avait coutume de se livrer à la retraite dans une grotte des environs de La Mecque.

C’est là, après des années, à l’âge de quarante ans (en 610) que lui vint une Révélation divine : << Lis, au Nom de ton Seigneur… >> (Coran, XCVI, 1). Mais Muhammad protesta qu’il ne savait pas lire. Durant vingt-trois années, ces révélations allaient se succéder à des intervalles variables, par fragments qui furent ensuite réunis pour constituer le Coran, le Livre saint de l’Islam. Celui-ci se présente aujourd’hui comme un volume composé de 114 chapitres ou sourates, de longueur inégale, dont le texte a été l’objet, très tôt, d’une recension ne varietur.

Aucune traduction ne peut rendre la beauté inimitable de la langue du Coran : elle n’a jamais été égalée et, encore actuellement, sert de modèle. Par ailleurs, l’unité profonde, la logique interne sous-jacente à l’émiettement des révélations au cours de deux décennies paraît, à vue humaine, inexplicable. En effet, au fur et à mesure de la << descente >> de ces versets, chaque fragment fut classé dans tel ou tel chapitre parmi ceux qui restaient inachevés, à un endroit déterminé, conformément à un plan à la fois littéraire et logique : de la prophétie à l’apostolat ; de l’appel adressé aux proches, puis à la Cité ; le premier appel étant l’avertissement donné à Muhammad qu’il va recevoir un enseignement divin, le dernier étant l’annonce de la fin de sa mission, très peu de temps avant sa mort.

Il existe au Caire un très curieux et émouvant << Coran >> : c’est la première dictée faite à Alî, cousin et gendre du Prophète (ce dernier, nous l’avons dit, ne savait ni lire ni écrire). Il s’agit de morceaux de peau de gazelle, de formes et de tailles diverses, sur lesquelles ont été notés << au vol >>, pourrait-on dire, ces versets au fur et à mesure qu’ils étaient inspirés. Et l’on perçoit, de façon sensible, la spontanéité de ces paroles transcrites sur le vif. Ce sont ces innombrables fragments qui furent ensuite rassemblés dans un ordre indiqué par le Prophète lui-même.

La Parole de Dieu, nous l’avons dit, dans le Christianisme, c’est le Christ ; dans l’islam, c’est le Coran. Les mystiques musulmans ont comparé la nature illettrée du Prophète à la virginité de Marie, Mère de Jésus. << Si ton âme est assez pure et assez pleine d’amour, écrit Rûmî, elle devient comme Marie, elle engendre le Messie. >> Et Hallâj : << Nos consciences sont une seule Vierge où seul l’Esprit de Vérité peut pénétrer. >> L’âme, réceptacle de la Parole divine, doit être entièrement passive, pure, abandonnée, sans intervenir par elle-même. C’est ainsi que le Prophète de l’islam reçut et transmit le Message qui lui était confié, sans faire écran, sans rien lui ajouter.

Ce Message – le Coran – représente pour tout musulman   une interpellation, un appel, un guide destiné à le mener << dans le droit chemin >> du berceau jusqu’à la tombe,  en lui enseignait tout ce qu’il lui faut savoir pour réaliser sa pleine stature spirituelle et parvenir à la béatitude éternelle.

Il est donc doctrine métaphysique, loi sacrée régissant tous les aspects de la vie, injonctions morales. L’Islam est à la fois une religion, une volonté de vivre ensemble, une vision du monde. Un même Livre, un même Prophète, une éthique très élevée qui doit se traduire en actes.

C’est ainsi que le Coran déclare :

<< La piété ne consiste pas à tourner votre tête du levant au couchant. Mais la piété consiste à croire en Dieu, au Jour dernier, aux anges, à l’Ecrit, aux prophètes,   à donner de son bien, pour attaché qu’on y soit, aux proches, aux orphelins, aux miséreux, aux enfants du chemin, aux mendiants, et pour l’affranchissement de nuques (esclaves), à accomplir la prière, à acquitter la purification, à remplir les pactes une fois conclus, à prendre patience dans la souffrance et l’adversité au moment du malheur : ceux-là sont les véridiques, ce sont eux qui se prémunissent. >> (Coran, II, 177.)

L’homme élu de Dieu, pleinement responsable de ses actes, a pour mission de servir Dieu et les hommes. Il se fondera pour cela sur la notion de l’Unité divine, qui n’est pas seulement une affirmation d’ordre métaphysique, mais une force unifiante, lui redonnant sa véritable place dans la nature : celle d’une créature faite pour adorer son Créateur.

<< Aucune forme de la réalité, écrit l’un des plus grands penseurs musulmans contemporains, Muhammad Iqbal, n’est aussi puissante, aussi vivifiante, aussi magnifique que l’esprit de l’homme ! Ainsi, dans son être intime, l’homme, tel que le conçoit le Coran, est une activité créatrice… C’est le sort de l’homme que de participer aux aspirations les plus profondes de l’univers qui l’entoure et de façonner sa propre destinée, aussi bien que celle de l’univers, tantôt en s’adaptant aux forces   de cet univers, tantôt en consacrant toute son énergie   à se servir de ces forces à sa propre intention. Et, dans ce processus de changements progressifs, Dieu devient le compagnon de l’homme dans sa tâche, pourvu que l’homme en prenne l’initiative :  » puisque   l’homme a des accompagnateurs qui le précèdent et le suivent pour le garder, de par l’ordre de Dieu, Dieu ne modifie pas l’état d’un peuple qu’ils ne l’aient modifié de leur propre chef… » >> Coran, XIII 11.) [2] Le fait de se situer par rapport à une Transcendance va impliquer à la fois une certaine attitude de l’esprit et de l’intelligence à l’égard des signes répandus par Dieu dans l’oeuvre de Ses mains, un certain comportement vis-à-vis des autres, enfin le respect des obligations et rites prescrits.

Et tout d’abord, il convient de remarquer à quel point tout conformisme, toute soumission aveugle à une autorité en matière religieuse sont prohibés par l’Islam. La foi a été souvent définie par les penseurs musulmans comme l’adhésion au donné révélé avec la pleine liberté de l’intelligence   et du coeur. Le Coran fait d’ailleurs un appel constant à la réflexion, à l’observation : << Le but du Coran, dans cette observation réfléchie de la nature, est d’éveiller en l’homme la conscience de ce dont la nature est considérée   comme un symbole [3]. >> Dieu n’a-t-il pas multiplié Ses signes << aux horizons et dans le cœur des hommes >>, comme le précise encore le Livre saint, qui rappelle :

<< Vraiment, il y a dans la citation des cieux et de la terre, dans l’alternance du jour et de la nuit, dans la  course des navires sur la mer, chargés d’utilités pour les hommes, dans l’eau que Dieu fait descendre du ciel et dont Il fait revivre la terre après l’avoir fait mourir, avant d’y répandre des animaux de toute espèce, dans la modulation des vents et des nuages, Ses agents entre le ciel et la terre, il y a vraiment dans tout cela des signes pour un peuple capable de raisonner. >> (Coran, II, 164.)

Ou encore :

<< Dieu, qui fend la graine et le noyau, fait sortir le mort du vivant, sortir le vivant du mort…/ Lui  qui fend le ciel sur la naissance du jour, fait de la nuit une quiétude, du soleil et de la lune, une base de calcul… / Lui qui disposa pour vous les étoiles afin que bien vous vous guidiez dans les ténèbres du continent et de la terre – Nous articulons les signes pour un peuple qui saurait >> (Coran VI, 95 sq.) << Il  y a parmi Ses signes qu’il ait créé pour vous à partir de vous-mêmes des épouses, afin qu’auprès d’elles vous trouviez l’apaisement ; qu’il ait entre elles et vous établi affection et miséricorde – En quoi résident des signes pour un peuple capable de réfléchir. / Il y a parmi Ses signes, la création des cieux et de la terre et la différence de vos langues et de vos sortes – En quoi résident des signes pour ceux qui savent. / Il y a parmi Ses signes, votre sommeil nocturne et diurne, votre quête d’un peu de Sa grâce…>> (Coran XXX, 21 sq)

Cet esprit concret, empirique, du Coran, a conduit les peuples de l’Islam, et spécialement les Arabes, à être les pionniers des méthodes expérimentales : Roger Bacon, considéré généralement comme en étant le premier instigateur, ne se lassait jamais de répéter que, pour ses contemporains, la culture islamique était la seule possibilité d’accès à une véritable connaissance scientifique. Or, si le Livre saint et les Paroles du Prophète recommandent l’étude, durant toute leur vie, à tous les musulmans et à toutes les musulmanes, dussent-ils partir à la recherche «  jusqu’en Chine » , c’est parce que la quête de la vérité est une prière. C’est pourquoi «  l’encre du savant est aussi précieuse que le sang du martyr » (hadith prophétique).

Aussi les savants musulmans ont-ils toujours considéré que, si leur devoir était d’observer les signes de Dieu dans la nature, l’histoire, la psychologie humaine, et non de passer auprès d’eux « comme s’ils étaient sourds et aveugles », c’est essentiellement parce que «  celui qui ne voit pas les signes dans cette vie restera aveugle aux réalités de la vie à venir ». Il s’agit, en définitive, de remonter du signe à la chose signifiée et, de là, au Créateur de ces choses.

C’est ainsi qu’un grand mystique musulman du Moyen Age invite «  à étudier les diverses phases par lesquelles passe l’embryon et à s’émerveiller qu’un individu raisonnable provienne de la conjonction de deux cellules. Mais, ajoute-t-il, si l’on s’efforçait d’expliquer â ce fœtus encore dans le sein maternel que se trouvent au dehors un ciel, un soleil, un clair de lune, des provinces, des villes, des jardins…, quelle signification cela pourrait-il avoir pour lui, dans l’hypothèse où il serait doué d’intelligence ? » « De même, dit-il, l’homme dans sa condition charnelle est incapable de saisir une autre dimension : et pourtant, elle existe.»

L’étude sera prière en ce que, d’une part, elle conduit à l’émerveillement devant le créé. Le chameau, l’abeille si active, et jusqu’à l’image du ciron (Coran, LXXXVIII, 17,XVI, 68-69 ; II, 26, etc) incitent à, l’adoration en montrant, comme le dit Mahmoud Shabestari, que « l’univers est le Livre de la Vérité très-haute » . Et, en même temps, ils révèlent que cette prodigieuse diversité est le reflet, dans le miroir du Cosmos, de l’Unité divine.

« Deus exterior exterio meo, Deus interior interio meo », disait saint Augustin. Et Ibn ‘Arabî : « Nous savons que Dieu S’est décrit Lui-même comme l’Extérieur et comme l’Intérieur, et qu’Il a manifesté le monde à la fois comme intérieur et comme extérieur, afin que nous connaissions l’aspect « intérieur » de Dieu par notre propre intérieur, et « l’extérieur » par notre extérieur »[4].

D’autre part, l’intelligence se voit obligée de reconnaître ses propres limites. La deuxième sourate du Coran, qui ne cesse de faire appel à la raison, pose comme préalable, dès ses premiers versets, en tant que propédeutique à la connaissance, l’acceptation d’un autre « ordre », qui est celui du mystère. C’est à l’Absolu que doit être rapporté tout ce qui est relatif : c’est le sens même de la Profession de foi musulmane il n’y a pas de réalité autre que la Réalité ultime, rien ne doit être associé à Dieu. « C’est Lui qui dans le ciel est Dieu, sur la terre Dieu, Lui le Sage, le Connaissant. » (Coran, XLIII, 84). La prise de conscience de l’unité intérieure, reflet de l’Unicité divine dans le miroir du cœur et non plus cette fois du Cosmos, conduit à l’absence de séparation entre le sacré et le profane, le matériel et le spirituel. Tout est relié au Centre qui gouverne toutes choses.

Du point de vue doctrinal, le Coran se présente comme critère (furqân) qui permet de distinguer le bien du mal, la vérité de l’erreur. L’Islam, dernière venue des trois religions abrahamiques, n’est qu’un rappel – le Coran insiste à maintes reprises sur ce point de ce qu’ont apporté les prophètes par la bouche desquels Dieu a parlé « en divers temps et en divers lieux », comme le dit saint Paul. C’est ce que le Coran affirme constamment : puisque la vérité ne peut être qu’une, toujours et partout, la Révélation, en son essence, ne peut qu’être la même pour tous les peuples, en tous les temps. Ce qui va différer, ce seront donc les interprétations humaines d’un donné révélé, les législations religieuses. La diversité de ces approches est d’ailleurs voulue par Dieu :

« … Si Dieu avait voulu, Il aurait fait de vous une communauté unique ; mais, Il voulait vous éprouver en Ses dons. Faites assaut de bonnes actions vers Dieu. En Lui, pour vous tous, est le retour. Il vous informera de ce qu’il en est de vos divergences. », (Coran, V, 48.)

Ou, comme le dit un mystique musulman :

« Si les chemins sont différents, le but est unique. Ne sais-tu pas que plusieurs chemins mènent à la Ka’ba ? Pour certains, le chemin de la Ka’ba passe par Byzance, pour d’autres par la Syrie, pour d’autres par la Perse, pour d’autres par la Chine, pour d’autres par la mer du côté de l’Inde et du Yémen. Les chemins diffèrent, le but est unique, tous les coeurs sont unanimes pour la Ka’ba ; il y a une correspondance, un amour et une grande affection dans le cœur pour la Ka’ba. Là, aucune contradiction n’existe ; le but n’appartient ni à l’infidélité ni à la foi. Quand les gens arrivent là-bas, toutes les querelles, disputes et différends qui surgirent en cours de route s’aplanissent. Et ceux qui se disaient l’un l’autre, chemin faisant : «   Tu as tort et tu es impie », oublient leur querelle une fois arrivés, car leur but était uniques. »[5]

L’universalisme de l’islam est manifesté avec tant de vigueur par le Coran qu’on ne peut s’empêcher d’être stupéfait de l’accusation de « fanatisme » portée si souvent contre la religion musulmane (à moins que ce qui est « ferveur » en deçà des Pyrénées, ne soit considéré comme « fanatisme » au-delà !). Témoin ce verset :

« Ceux qui croient, ceux qui suivent le Judaïsme, les Chrétiens, les Mandéens, quiconque croit en Dieu et au Jour dernier, effectue l’œuvre salutaire, ceux-là trouveront leur salaire auprès de leur Seigneur. Il n’est pour eu de crainte à nourrir, et ils n’éprouveront nul regret. » (Coran, II, 62.)

L’Unicité divine se reflète dans l’unité fondamentale du genre humain. « Tuer une âme est coupable…, dit le Coran, c’est comme d’avoir tué l’humanité entière » (Coran, V, 32). L’exigence de justice est impérative : « Je vous ai constitués en témoin de la justice. » La justice vis-à-vis des autres est garante de la sincérité du témoignage rendu à Dieu et en est indissociable. Les prescriptions qui constituent ce qu’on appelle « les piliers de l’Islam » présentent ce double caractère. En outre, les pratiques rituelles constituent le ciment de la communauté : d’un bout à l’autre de l’immense monde musulman, on se retrouve entre frères, priant de la même façon, aux mêmes heures, jeûnant et rompant le jeûne avec les mêmes gestes, les mêmes paroles. La vie quotidienne est sacralisée par cette constante référence à des valeurs à la fois transcendantes et partagées.

La vie du Musulman requiert, outre la profession de foi (chahada) qui la fonde et qui consiste à attester que « Point de divinité si ce n’est Dieu et Muhammad est l’Envoyé de Dieu » en prononçant la formule « Lâ ilâhâ illa-llâh Muhammad rasûlu-l-llâh », des pratiques rituelles prescrites par le Coran, et donc obligatoires, à savoir : la prière, le jeûne, la purification des biens et le pèlerinage.

La prière (salât). C’est de prier cinq fois par jour. Elle est considérée comme un don de Dieu aux hommes, accordé au Prophète de l’Islam pour sa communauté lorsde son ascension (al-mîrâj), au cours de laquelle il fut transporté jusqu’à la Présence divine (c’est le commentaire de ce voyage spirituel qui, on le sait, a inspiré la Divine Comédie de Dante). Nous étudierons plus loin ses modalités.

La purification des biens (zakât). C’est de s’acquitter de la zakât. Ce n’est ni une aumône, ni une « charité » ni un impôt. C’est la remise volontaire mais obligatoire aux pauvres de la communauté de la partie des revenus qui est en superflu des besoins immédiats, l’usure et la thésaurisation étant interdites. Chose caractéristique, le Coran parle en même temps de la célébration des offices et du paiement de la zakât. En donnant à ses frères une partie de ce que l’on reçoit, on sacralise la vie dans son aspect économique. C’est un devoir envers Dieu et les autres, et c’est une forme de prière.

Outre la zakât, le Coran parle de l’aumône proprement dite, sadaqa, qui n’est pas une institution sociale obligatoire, tout en étant expressément recommandée en tant qu’acte de bienfaisance et de justice.

Le jeûne (syyâm). Le jeûne, prescrit durant tout le neuvième mois lunaire du calendrier islamique (Ramadhan), est obligatoire à tout croyant parvenu à l’âge de la puberté, à moins d’empêchements majeurs : malades, voyageurs, femmes enceintes ou nourrices, travailleurs effectuant des tâches pénibles, personnes âgées… Selon les cas, l’abstention du jeûne doit être compensée par des aumônes ou être remplacée par d’autres jours. La formulation de l’intention est nécessaire à sa validité.

Depuis l’aube jusqu’à la nuit, toute nourriture, toute boisson, toute relation sexuelle sont interdites. Ce jeûne total, sans boire même une goutte d’eau, représente une dure ascèse : il suffit de penser à tous ceux qui peinent, avec parfois 50° à l’ombre ! Et pourtant, il est vécu dans la joie. C’est un temps sacré, durant lequel les coeurs se fortifient par cette offrande faite au Seigneur qui répand Sa grâce sur ceux qui demeurent patients dans les difficultés. Les versets du Coran psalmodiés dans les maisons des villes et des villages, où familles et amis veillent assemblés, s’éclairent pour eux d’une lumière toujours nouvelle. Ainsi se souviendront-ils que « A chacun une direction vers où se tourner dans la prière. Mais faites assaut de bonnes œuvres, où que vous soyez, car Dieu vous rejoindra tous » (Coran, II, 148) et méditeront-ils la Parole divine :

« A vous de parfaire le nombre imparti (pour le jeûne), en glorifiant Dieu de Sa guidance… Peut-être Lui en aurez-vous gratitude. Que si Mes adorateurs t’interrogent sur Moi, Je suis tout proche à exaucer l’invocation de qui M’invoque, quand on M’invoque. » (Coran, II, 185-186.)

Le sentiment de proximité du Seigneur, perçu avec une intensité particulière en ce mois « pendant lequel fut commencée la descente du Coran, en tant que guidance pour les hommes » (Coran, II, 185) doit se traduire dans les faits par une assistance accrue à l’égard des membres de la Communauté ; la fraternité qui les unit toute l’année doit se manifester davantage encore, favorisée par une prise de conscience plus aiguë de la souffrance de ceux qui sont démunis : ne faut-il pas avoir éprouvé la faim et la soif pour comprendre la misère d’autrui ? C’est là un des sens essentiels du Ramadhan.

La vingt-septième nuit de ce mois de Ramadhan est la Nuit du Destin, ou du Décret, Laylat al-Qadr, Nuit où le Coran commença à être dicté au Prophète :

« C’est Nous qui le fîmes descendre dans la Nuit grandiose. Qu’est-ce qui peut te faire comprendre ce qu’est la Nuit grandiose ? La Nuit grandiose vaut plus qu’un millier de mois. En elle font leur descente les anges et l’Esprit, sur permission de leur Seigneur, pour tout décret. Salut soit-elle jusqu’au lever de l’aube ! » (Coran, XCVII.)

Ces versets pleins de mystère rappellent l’évènement providentiel qu’est la Révélation de la Parole divine. On célèbre dans les mosquées, en cette date anniversaire, un office où le Coran est récité tout entier.

Les légendes musulmanes expriment l’émerveillement devant cette nuit sainte en faisant d’elle un temps de prodiges, peuplé du bruissement d’ailes des anges, et auquel participent toutes les créatures.

Trois jours plus tard, l’apparition de la nouvelle lune indique le moment de célébrer la « petite fête ». Comme à l’accoutumée, l’aspect communautaire prédomine ; on distribue de l’argent, des vêtements, des provisions, des jouets pour les enfants. La plus humble demeure s’emplit de joie et d’amitié.

Chaque soir, durant le mois écoulé, on s’était adressé à Dieu : « Ô mon Dieu, j’ai jeûné pour Toi, je me fie à Toi et grâce à Toi je romps le jeûne. » C’est pour Lui seul qu’on s’était abstenu, non seulement de tout aliment ou plaisir sensuel, mais aussi, du mieux qu’on le pouvait, des pensées vaines, de paroles critiques ou oiseuses : car il s’agit avant tout d’un jeûne du cœur, et le silence lui-même en est un signe : tel ce silence de la Vierge Marie au Temple, dont le vœu de silence était, comme le dit admirablement un mystique musulman, « une virginité de surcroît ». En définitive, le sentiment habitant les fidèles, ce n’est pas d’avoir gagné un quelconque mérite, mais, ainsi que le relève le Coran dans le verset cité plus haut, la gratitude : gratitude d’avoir pu accomplir jusqu’au bout, avec l’aide du Très-Haut, une ascèse purificatrice et d’avoir eu l’occasion, en communion avec tous ses frères, de témoigner de son amour.

Le pèlerinage (hajj). Le pèlerinage à La Mecque est obligatoire pour tout musulman ou toute musulmane en mesure de l’accomplir au moins une fois dans sa vie. Alors qu’en chrétienté il existe de nombreux lieux de pèlerinage – Lourdes, Saint-Jacques-de-Compostelle, Fatima, Chartres -, celui de l’Islam est unique. Les sanctuaires et les mausolées des saints ne font l’objet que de visites, respectueuses certes, mais où l’on s’adresse à Dieu sans intermédiaire. Le pèlerinage proprement dit doit être effectué durant le mois lunaire de dhû-l-hijja. Le « petit » pèlerinage (‘umra) peut être accompli n’importe quand et ne comporte pas tous les rites du « grand » pèlerinage.

Des multitudes, chaque année plus nombreuses – quelque deux millions d’hommes et de femmes en moyenne -, viennent de tous les coins du monde témoigner de leur foi monothéiste en cette cité de La Mecque où se trouve le premier sanctuaire élevé par Abraham, Père de tous les croyants. Centre vers lequel convergent quotidiennement les prières d’un quart du genre humain, c’est aussi un symbole de l’Unité qui rassemble tous les adorateurs du Dieu Un, sans distinction de classes, de races, tous également vêtus d’humble cotonnade blanche, implorant le pardon de leurs péchés et offrant à Dieu l’épreuve des difficultés rencontrées. Le sentiment de faire partie d’une immense communauté, d’être la cellule d’un corps unifié, marque de son empreinte chaque pèlerin, conscient de cette supranationalité qu’est l’Islam, de la fraternité que cela implique. Et pour la première, peut-être la seule fois de sa vie, le pèlerin va faire une bouleversante rencontre. Durant toute son existence, il prie soit seul, soit avec ses coreligionnaires. Dans les deux cas, il se tourne vers la Ka’ba et, si l’office est récité en groupe, il ne voit que les rangées des fidèles, ou l’imam, derrière lesquels il se trouve placé. Mais à La Mecque, il est arrivé au Centre, l’espace est aboli. Ce qu’il va apercevoir en face de lui, c’est le visage de son frère ou de sa sœur en Islam, accomplissant les rites sacrés. Au-delà de toute orientation, au foyer qui rassemble les orants comme autant de rayons enfin reliés entre eux en un même point, à la fois géographique et spirituel, ce que l’on trouve, c’est le prochain.

Lors de l’assemblée solennelle qui se tient à ‘Arafat, où les pèlerins vivront le moment le plus fort sans doute du hajj – toute une journée d’oraisons -, ils vont se remémorer le Sermon d’adieu adressé, en 632, à la foule des musulmans, par le prophète lors de son dernier pèlerinage :

« Ô hommes, vos vies et vos biens sont sacrés et inviolables, jusqu’à ce que vous vous teniez devant votre Seigneur (au jour du Jugement)… En vérité, vous apparaîtrez devant votre Seigneur qui vous questionnera au sujet de vos actions… Ne faites de tort â personne… Ô hommes, vous avez des droits sur vos épouses, et elles ont réciproquement des droits sur vous. Traitez les femmes avec douceur. Vous les avez prises uniquement sur la garantie qui vous a été donnée par Dieu, et vous avez rendu leurs personnes légitimes pour vous-mêmes, selon le commandement formel de Dieu.

« Aussi, comprenez mes paroles, Ô hommes, car en vérité j’ai délivré le Message et vous ai laissé une chose claire – si vous vous y tenez fermement, vous ne serez jamais dans l’erreur -, à savoir le Livre de Dieu et la pratique de Son Prophète.

« Ô hommes, écoutez mes paroles et comprenez-les. En vérité, sachez que chaque musulman est un frère pour chaque autre musulman, et les croyants constituent une fraternité. »

Et le Prophète ajouta : « Ô Seigneur, ai-je délivré Ton message ? » Le peuple dit : « Oui, ô Dieu. » Et le Prophète dit : « Sois Témoin, ô Seigneur. »

« Accomplissez la prière, acquittez la purification, inclinez-vous ceux qui s’inclinent. » (Coran, III, 43)

« Promouvoir les droits de Dieu et les droits des hommes » ; tel apparaît le sens de ces prescriptions qui régissent la vie de tous les musulmans. Et, de même que l’Islam ne connaît pas de distinction entre le temporel et le spirituel, rendre justice au Créateur et à Ses créatures s’inscrira dans un même élan de foi et d’amour. C’est à l’unique Réalité ultime, l’Absolu, plus grand que tout ce qui peut se concevoir, que doit se rattacher toute manifestation de l’existence humaine : chaque acte doit en porter témoignage, et donc être prière.

La prière en Islam de Eva de Vitray-Meyerovitch Ed.Albin Michel 2003

1.     Les citations coraniques figurant dans cet ouvrage sont extraites de Le Coran, essai de traduction, Jacques Berque, éd. Albin     Michel, Paris, 1995.

2.    Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam, Mohammed Iqbal, traduction de Eva de Vitray-Meyerovitch, éd. du Rocher / Unesco, p. 12.

3.     Ibid., pp. 12-13.

4.     Fuçuç  al-Hikam, Ibn ‘Arabi, traduction partielle de Titus Burckhardt, La sagesse des prophètes, Paris 1974, éd. Albin Michel, p. 34.

5.     Le livre du Dedans, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, traduction de Eva de Vitray-Meyervitch, Paris, 1977, éd. Albin Michel, chap. 23.

6.     Al Insân al-Kâmil, ‘Abd al-karîm al-Jîlî, éd. Du Caire.

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