Il n’y a pas d’Islam politique, il y a l’Islam et il y a la politique

février 13, 2013 
Categorie : Actualité, Ecrite, Featured, Interview, L'islam, Presse

Cheikh Bentounes était visiblement peiné par le cours des événements pris en Tunisie et en Egypte.

Rencontré lors de la célébration du premier festival du Mawlid ennabaoui, à Bruxelles (auditorium Jacques-Brel), le guide spirituel de la Tariqa alawiya, dont le centre de rayonnement est Mostaganem, a bien voulu commenter, pour nous, des faits majeurs qui se déroulent actuellement dans la région, près de chez nous, voire en nous.
Concernant l’Islam, la religion, Cheikh Bentounes ne laisse planer aucun doute sur sa conception de la religion, sa praxie de l’Islam, son entendement du message divin qui doit être spirituel et ne pas se mêler de politique au
sens actuel où l’entendent les partis et/ou groupements islamistes, djihadites ou salafistes.
«Il n’y a pas, selon notre cultivé interlocuteur, d’Islam politique… Il y a l’Islam et il y a la politique.»
Pas de mélange de genres, donc. Pour avoir fait de longs et fréquents séjours à Tombouctou, au Mali, le conservateur de la Tariqa alawiya ne comprend pas, ne peut pas comprendre qu’on puisse se réclamer du «salaf», la lignée mohammediène et pro-Mohammediène et saccager les mausolées, brûler les manuscrits, effacer la mémoire de la mémoire.
Ce fut-là, faut-il le relever, la grande œuvre des djihadistes au Mali, à Tombouctou ou ailleurs, alors que le salaf dans une vision humaniste et de progrès de l’Islam indique, exactement, le contraire.
Du moins devrait l’indiquer. Présentement, selon Cheikh Bentounes, aux musulmans de «prouver» le bien au lieu de simplement «en parler». Le bien est une posture, qui va, bien au-delà, une façon de vivre, d’être. Lors de son intervention à la clôture du festival marquant le Mawlid ennabaoui à Bruxelles, le conservateur du legs de Cheikh Alawi a mis l’accent sur plusieurs éléments de la spiritualité, de l’Islam. CheikhBentounès est, c’est certain, un
représentant d’un Islam moderne, ouvert, spirituel, bien dans sa peau, n’ayant pas besoin d’emprunter au complot, aux méandres des coups bas de la politique et de la gouvernance à tout prix. Le slogan choisi par les organisateurs du Mawssim, l’association «Ensemble pour la paix et la fraternité» — Se rassembler sans se ressembler —, convenait parfaitement au Cheikh Bentounes qui l’a dit lors de son allocution à l’auditorium JacquesBrel…
Jalel Eddine Erroumi dit un jour : «La musique est le grincement des portes du Paradis.» Un homme objecte : «Je n’aime pas le son des portes qui grincent.»
Erroumi répondit : «J’entends le son des portes qui s’ouvrent, toi tu entends celles qui se ferment.» Il en est ainsi de ce qui reste du printemps dit arabe.
Les Egyptiens et les Tunisiens voulaient l’ouverture des portes, les fréros les ont fermées sur eux.
Cheikh Bentounes a raison, mille fois raison, en proclamant à partir de Bruxelles : «Il n’y a pas d’Islam politique, il y a l’Islam et il y a la politique»…

De notre bureau de Bruxelles
Aziouz Mokhtari

Share on Facebook

Islam : une identité religieuse à l’épreuve de l’exil

janvier 24, 2013 
Categorie : Actualité, Agenda, Conférences, Featured, L'islam

« Carrefour des civilisations-Identités et spiritualités: tel est le thème de cette série de conférences qui se déroulent à l’auditorium de l’Alcazar jusqu’au mois de juin 2013.

C’est à huit conférences de septembre à juin que Marseille Espérance, en partenariat avec la bibliothèque à vocation régionale Alcazar, convie public et conférenciers sur un cycle ayant pour ­ thème « Carrefour des civilisations – identité et spiritualité ». Ouvert, en septembre, par Pierre Echinard avec « Identité marseillaise au pluriel ou au singulier? » le cycle s’est poursuivi avec entre autre « valeurs et croyances : la Méditerranée en partage » avec Alain Cabras au mois de novembre puis enchainera « mémoire et identité » avec Tzvetan Todorovet en avril pour se terminer en juin par ‘les Bouddhas naissent dans le feu » avec Eric Rommeluaere.

Depuis plus de 20 ans, Marseille Espérance, groupe­ informel réunissant autour du Maire de Marseille les responsables religieux des principales familles spirituelles présentes dans la cité phocéenne, réalise chaque année des actions (gala, calendrier, activités de réflexions sur des sujets de société….) afin de favoriser l’entente et la compréhension entre les Marseillais.

Cheikh Khaled Bentounes interviendra le 14 février sur le thème : « Islam : une identité religieuse à l’épreuve de l’exil »

Jeudi 14 février 2013
17h30 à 19h
Auditorium de la BMVR – L’ALCAZAR
BMVR – L’ALCAZAR – 58, cours Belsunce – 13001 Marseille

Entrée libre sous réserve des places disponibles

Pour plus d’informations : le site de la ville de Marseille

Share on Facebook

L'islam

avril 16, 2009 
Categorie : Islam, L'islam

Le fondateur de l’islam est Mohammed, fils de Abdallah, fils d’Al-Muttalib, fils de Hâchim. Il naquit, d’après la chronique musulmane, à la Mecque le 12 Rabia I (29 avril 570 après J-C) d’une famille parmi les plus nobles de l’Arabie. Orphelin de père et de mère, il fut élevé par son grand-père, puis par son oncle paternel. Jeune, il était doué d’une rare intelligence et d’une parfaite éloquence. Curieusement, il fut reconnu à neuf ans par le moine nestorien Bah’ira, ou Serguis, comme un être destiné à un grand avenir. Sa probité et la finesse de ses jugements le firent surnommer par sa tribu El-Amine (« l’intègre »). A l’âge de vingt-cinq ans, il épousa Khadidja ben Khoûiled, une riche commerçante dont il fit prospérer le commerce. Elle lui donna quatre enfants. Dès lors, jouissant d’un bien-être matériel et de la considération des siens, à quarante ans il se retira du monde pour se donner entièrement à la méditation. C’est dans la prière et la solitude, dans la caverne du mont Hira, que Mohammed reçut le premier verset coranique et l’ordre divin de prêcher la nouvelle religion. Troublé par cet appel, il consulta le cousin de sa femme, Waraka ben Noufaïl, un sage chrétien de La Mecque. Celui-ci lui confirma sa mission et le rassura sur l’origine de cette révélation. Ainsi, durant vingt-trois ans, Mohammed reçut et transmit le Coran (lecture par excellence) qu’Allah lui révéla par l’intermédiaire de Djabraïl (l’ange Gabriel).

Livre sacré, émanation du Verbe divin, le Coran est composé de cent quatorze sourates, ou chapitres qui expliquent et précisent les préceptes et les fondements de l’islam. Nouvelle religion sous sa forme cultuelle, elle se rattache par son esprit au monothéisme de la religion abrahamique. Son message fondé sur l’unité, l’égalité et la fraternité trouva écho auprès de ses proches, des pauvres et des esclaves de sa ville natale. Quant aux riches Mecquois, ils voyaient en Mohammed une sorte d’esprit révolutionnaire dont les idées nuisaient grandement à leurs intérêts. Aussi, fut-il l’objet de sarcasmes et d’injures. On tenta même de l’assassiner. La pression exercée sur la première communauté musulmane était telle qu’un groupe dut émigrer en Abyssinie où il fut accueilli et protégé par le roi chrétien copte, le Négus, qui témoigna u nouveau prophète une grande amitié. Craignant pour sa vie et l’avenir de son message à la suite des menaces des notables Koraïchites et s’étant assuré de la fidélité d’une partie des habitants de Yathrib, Mohammed émigra le 16 juillet 622 (ou 24 septembre 622) dans cette ville qui prit le nom de al-Madinat al-Nabi (« la Ville de l’Envoyé »), ou Médine. C’est à partir de cette émigration, ou hégire, que le calendrier musulman fut instauré.

Une nouvelle ère débuta. De l’apôtre pacifique et patient surgit un législateur, un fin politique et un grand stratège. En dix ans, Mohammed édifie un Etat fédérateur. Il lui donna une constitution connue sous le nom de ‘ahd de Médine. Rédigée en l’an 1 de l’hégire, elle confère aux musulmans et aux juifs les même droits et la même protection. Par sa sagesse, son humilité, sa justice, son égalité, et sa tolérance envers les gens du Livre (« Ahl al-kitâb ») – chrétiens, juifs, mazdéens, ect -, l’islam a su gagner les cœurs des peuples et des nations. Dans ce sens, comment ne pas se remémorer la rencontre du prophète avec la délégation chrétienne qui arriva à Médine? Mohammed mit la mosquée à la disposition de ses membres afin qu’ils puissent célébrer la messe. Au XIIe siècle, après cinq cent ans de domination musulmane, voilà comment s’exprime l’écrivain et historien chrétien monophysite Michel le Syrien: « Le Dieu des vengeances est seul Tout-Puissant, qui change l’empire des hommes comme Il veut, le donne à qui Il veut et y élève les plus humbles, voyant la méchanceté des Grecs qui, partout où ils dominaient, pillaient cruellement nos églises et nos monastères et nous condamnaient sans pitié, amena de la région du Sud les fils d’Ismaël pour nous délivrer par eux des mains des Grecs. Ce ne fut pas un léger avantage pour nous que d’être libérés de la cruauté des Romains, de leur méchanceté, de leur colère, de leur zèle cruel vis-à-vis de nous, et de nous trouver au repos ».

Homme humble parti de rien, Mohammed a ainsi écrit une nouvelle page de l’histoire de l’humanité bâtie sur une fraternité qui, par-delà les races, les cultures et les langues, s’inscrit dans la perspective d’un destin commun, appelant tous les hommes à réaliser dans le respect des différences un idéal supérieur construit sur des valeurs nobles, humaines et universelles.

Cheikh Bentounes

Share on Facebook