AISA-Canada sur les ondes de Radio Ville Marie

novembre 10, 2011 
Categorie : Actualité, Featured, Interview, Presse

A l’occasion de l’évènement Emir Abd el-Kader, à Montréal, Cheikh Bentounes était l’invité de la Radio Moyen Orient, le 03 novembre 2011.


 

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Il y a des non-dits dans le monde arabe

août 29, 2011 
Categorie : Actualité, Ecrite, Featured, Interview, Presse

L’Algérie peut se targuer d’avoir en la personne de cheikh Khaled Bentounès, maître soufi de la confrérie Alâwiyya de Mostaganem, l’un des clercs religieux les plus clairvoyants et, surtout, des plus modernes du Maghreb, il était l’invité, vendredi soir, de l’espace les Milles et une News du quotidien Algérie News où il avait animé une conférence-débat portant sur le thème «Soufisme et révolutions arabes». Evoquant son expérience dans le travail associatif au sein des Scouts musulmans de France (SMF), dont il est le président-fondateur en 1991, le chef de la confrérie des Alâwiyya, relève que ce qu’il en ressort à partir de ses observations est «l’inquiétude et le ras-le-bol» des jeunes scouts. Lors d’un camp international de scouts musulmans qui avait regroupé pendant 21 jours des délégations venues d’Algérie, du Maroc, de la Tunisie, de la Libye, d’Espagne, de Suisse, de Belgique et d’Allemagne, cheikh Bentounès, a relevé que «les enfants et les adolescents issus des pays musulmans étaient gênés de s’exprimer en public. Tous les jeunes avaient soif de parler mais tous désiraient se confier en aparté. On sentait qu’ils n’avaient pas confiance les uns les autres, et quand on avait voulu savoir les raisons qui les incitent à ne pas dire les choses publiquement, ils n’osaient pas dire pourquoi». Et le conférencier de déplorer : «Le mouvement scout dans les pays musulmans a été mis au pas par les pouvoirs en place ; le scoutisme est devenu un moyen de contrôle de la jeunesse alors qu’en principe, il devrait les libérer et les aider à s’épanouir.» Actualité libyenne oblige, le cheikh a illustré ses propos en parlant de ces «jeunes Libyens qui ne voulaient pas retourner chez eux à l’issue de leur séjour au camp». «Et, pourtant, a-t-il ajouté, ces Libyens étaient issus de familles de fonctionnaires et avaient un certain bagage intellectuel.» Les SMF fait partie de l’Organisation mondiale du Mouvement scout et de l’Union internationale des Scouts musulmans qui en compte, selon le conférencier, 36 millions d’adhérents. Le cheikh avoue qu’au regard de ce musellement, «cela ne l’étonnait pas de voir les sociétés musulmanes se révolter». Décortiquant la situation au Maghreb et dans le monde arabe, il pense que «ce qui arrive aujourd’hui est un tournant». «Ce qui prouve qu’on ne peut avoir une emprise éternelle sur les gens. Les révolutions n’ont émané ni d’un parti ni d’une idéologie. Cela a surpris tout le monde», a-t-il ajouté. Dressant la comparaison entre la Libye et l’Egypte, le conférencier a souligné que les deux situations ne sont en aucun cas semblables. «L’Egypte est Oum Eddounia ; c’est d’elle que sont partis le nassérisme et le mouvement des Frères musulmans, et c’est elle qui abrite Al-Azhar. Le séisme qui secoue ce pays va continuer, mais l’Egypte s’était dérouillée toutes seule pour faire sa révolution ; elle n’a pas fait appel aux étrangers», a-t-il soutenu. Et d’ajouter : «La Libye n’a pas la même tempérance ; ce qui se passe là-bas est grave. C’est grave aussi pour nous ; ce pays a été verrouillé pendant des années, et on ne sait pas jusqu’où va aller cette explosion avec toutes ces armes qui circulent au sein de la population (…).» Et d’asséner : «La Libye pourrait faire exploser tout le Maghreb.». Néanmoins, pour le cheikh, les révolutions en Tunisie et en Egypte «attestent que les peuples de ces pays sont porteurs de post-modernité». Il fera le distinguo entre la mondialisation appelée à être subie et la mondialisation à laquelle on pourrait contribuer, à savoir, celle des droits de l’homme et du respect des minorités. Questionné sur les relations que peut avoir sa tariqa avec les autres courants, cheikh Khaled Bentounès a confié que «seuls les Mozabites, malgré leur dogme, ont une aptitude à dialoguer avec franchise». Informé de l’attentat qui venait de cibler dans la soirée même l’Académie militaire de Cherchell, le cheikh dit rejeter tout acte de violence. «La violence, a-t-il ajouté, mène vers l’impasse : c’est un projet de mort.»

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Le niet du soufi à la théocratie

août 28, 2011 
Categorie : Actualité, Conférences, Ecrite, Featured, Interview, Presse

Voir et entendre un soufi est toujours une expérience pleine de leçons. Cela s’est confirmé encore une fois avant-hier soir, au siège du quotidien Algérie News, à Alger, à l’occasion de la conférence-débat qu’a animée le cheikh Khaled Bentounes, chef de la Tariqa Alawiya, autour du thème “Soufisme et révolutions arabes”. Abordant les évènements qui se sont déroulés en Tunisie et en Égypte, le conférencier a rappelé qu’il s’agissait d’une volonté populaire qui s’était exprimée. En revanche, il fait la différence entre ces deux pays et ce qui se passe en Libye. Tout en s’abstenant de faire des critiques directes ou claires, il a néanmoins soulevé la violence utilisée et l’intervention de l’Otan. Il se contentera d’afficher son espoir de voir les Libyens arriver à régler leurs problèmes et à assurer l’unité de leur nation. Ce sujet a, d’ailleurs, suscité une certaine effervescence dans la salle. Une femme dans le nombreux public présent, qui affirme avoir visité la Libye, a fait une intervention plus remarquée que remarquable, même si elle a touché à des aspects “intéressants”. Elle a ainsi déclaré que Kadhafi avait “réduit au silence” les sensibilités soufies, et aurait même déterré des saints patrons de leurs tombes. Elle affirma également qu’elle espérait que les Senoussi reviennent au pouvoir en Libye. Une brèche à travers laquelle on aurait vu cheikh Bentounes en profiter. Il faut rappeler, à ce sujet, que pour prendre le pouvoir, Kadhafi avait déposé, en 1969, le roi Senoussi qui appartenait à une confrérie (qui porte le même nom) dont l’origine est de l’Ouest algérien, exactement de Mostaganem, soit la même ville de la Tariqa Alawiya. Toutefois, le cheikh ne semblait pas vouloir entrer sur ce “terrain”, se contentant d’appeler à la paix et de ne pas rentrer dans la fitna.
Les systèmes politiques ont été aussi “approchés” dans l’analyse de cheikh Bentounes. Il a tenu ainsi à affirmer que les soufis sont pour un pouvoir civil, que ce soit en Algérie, en Égypte ou en Tunisie en affichant son refus d’une théocratie. Dans son approche, il ajoutera qu’“il n y a pas d’État islamique, et il n’y a pas eu d’État islamique dans le sens de l’État qu’on comprend aujourd’hui”. Pour le chef de la tariqa Alawiya, l’islam politique est “juste un moyen comme un autre” pour ceux dont le but est le pouvoir, en ajoutant que dans ce cas “la religion est utilisée comme un cheval de Troie”. Il ira même jusqu’à donner (presque) raison à Karl Marx et son expression : “La religion est l’opium des peuples”, tout en rappelant, avec ironie, que même le communisme a voulu jouer le même rôle.
Pour les exemples “intéressants”, le conférencier n’a pas caché une certaine admiration pour le modèle turc. “C’est un pays en pleine expansion, qui a un système démocratique et dont le parti au pouvoir est de sensibilité musulmane.”
N’omettant pas l’un des aspects singuliers des soufis, cheikh Bentounes est revenu sur le message universel de l’islam, en le mettant au temps présent. Il notera : “l’Occident nous a menés vers une crise de sens”, et qu’il est donc temps de “ne pas être des imitateurs, mais des moujtahidine en nous inspirant de la véritable philosophie islamique”. Il en profitera pour lancer un appel, aux jeunes et moins jeunes : “donnons de nouvelles espérances, soyons les promoteurs d’une nouvelle vision du monde.”

Salim Koudil

source :  http://www.liberte-algerie.com

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Rappeler aux musulmans leur histoire

janvier 5, 2011 
Categorie : Actualité, Featured, Interview

Guide spirituel de la Tarîqa Alawiya, Cheikh Khaled Bentounes a été l’un des premiers religieux à rejoindre l’Appel, «L’islam bafoué par les terroristes», lancé par Respect Magazine. Il explique sa motivation.

Pourquoi avez-vous rejoint cet Appel ?

Pour moi, le sens est de rappeler l’histoire. Nous avons un modèle dans l’islam, le prophète Mohamed. Et tout musulman doit se référer à son histoire. Le Prophète a reçu à Médine, une délégation de chrétiens. Ils étaient 71. Quand ils ont voulu célébrer la messe, le Prophète leur a dit : «Il n’y a pas meilleur lieu que la maison de Dieu». Ces chrétiens ont donc célébré la messe dans la première mosquée au monde. A travers cet exemple, on comprend la relation que nous devons avoir avec les autres religions. Signer cet Appel est quelque de chose de significatif, qui me rappelle à ma propre tradition, et qui y rappellent ceux qui l’ont oubliée. Le terrorisme, ce n’est pas l’islam. C’est historique, incontestablement.

La voix des musulmans est peu entendue. Les extrémistes semblent confisquer la parole au détriment de la majorité ?

Ce n’est pas vrai. Si on ne les entend pas, c’est parce qu’on ne leur donne pas assez la parole. J’ai déjà dénoncé en Allemagne les massacres des chrétiens d’Irak devant une grande assemblée de musulmans et de non musulmans, à Istanbul aussi devant 3000 personnes lors d’un colloque. Nous faisons ce que nous avons à faire mais cela reste très peu relayé.

Pourquoi les représentants de l’islam sont-ils si inaudibles ?

J’ai posé la question, à plusieurs reprises, à des journalistes. Ils me répondent : ‘’Nous ne sommes pas là pour parler des trains qui arrivent à l’heure. Nous parlons des problèmes, de ce qui ne va pas.’’ C’est un jeu dangereux parce que si nous ne parlons que de l’extrémisme sans accorder la parole à ceux qui représentent la majorité des musulmans, on commet une grave erreur d’analyse et on biaise la vérité.

Cet Appel montre aussi qu’en s’organisant cette parole peut être entendue. Ce type de démarche est-il important ?

Cette initiative est salutaire. Il faut remercier ceux qui l’ont entreprise. Elle nous montre qu’ici et ailleurs, le terrorisme est dénoncé. Et pour nous, musulmans d’Occident, cela revient à sortir du communautarisme dans lequel on veut nous enfermer, pour être dans la citoyenneté. Nous sommes la composante musulmane citoyenne, ici, en Europe.

Certains musulmans objectent néanmoins qu’ils n’ont pas à se justifier par rapport au terrorisme ?

Ce n’est pas une justification. Il faut répondre! Dire qui nous sommes! Dire ce qu’est l’islam! Rapporter des faits comme, par exemple, le récit de l’émir Abdelkader qui a sauvé des milliers de chrétiens à Damas en 1860. Il faut rappeler, aux musulmans mêmes, leur propre histoire. Ce n’est pas pour se justifier mais dire : « Oui, il y a dans l’histoire des faits qui nous rappellent comment nous devons agir avec autrui ». Agissons en tant que citoyens. Les jeunes issus de l’immigration sont des citoyens, on les renvoie à l’intégration alors qu’ils sont nés ici. Ils sont français comme les autres mais, malheureusement, on leur demande constamment de le justifier. Nous n’avons pas de complexe à avoir. Le premier christianisme est un christianisme d’Orient. Les juifs et les chrétiens y vivent depuis des siècles. Les premières églises sont orientales. L’islam et le christianisme sont nés dans le même creuset: le monothéisme. Ils viennent du même endroit et partagent des traditions.

D’autres pensent que la lutte contre la montée de l’islamophobie est plus urgente ?

L’un n’empêche pas l’autre. Les extrémistes sont de tous bords. Il y a un terrorisme par les armes, mais aussi, d’une certaine manière, un terrorisme des mots. Il faut combattre ce qui est à combattre pour rapprocher les gens, et créer un vivre ensemble dans la diversité, dans une société laïque protégeant les convictions, les philosophies et croyances de chacun.

Des personnalités non musulmanes ont d’ailleurs rejoint l’Appel…

C’est un combat humaniste. Il s’agit de défendre cette conception universelle: la dignité de chaque être humain. Le respect que l’on se doit mutuellement, que ce soit dans le religieux, le politique ou l’économique. C’est comme ça qu’une société devient plus humaine. Qu’est-ce qui nous fonde si ce n’est une conscience? Un homme, avant d’être un chrétien, un athée, un juif, c’est d’abord une conscience. C’est cette conscience qu’il nous faut développer pour vivre avec l’autre. L’altérité, c’est cela: on se découvre à travers l’autre. Nous sommes les miroirs les uns des autres.

Cet Appel intervient dans un contexte d’aspirations à la démocratie en Tunisie et en Algérie, notamment. Des régimes dictatoriaux sont soutenus en Occident sous prétexte qu’ils sont un rempart à l’islamisme.

C’est l’éternel problème. Quelque part, c’est sous-estimer ces peuples de dire qu’ils ont besoin d’un dirigeant au fouet car ils ne sont pas assez évolués pour construire des sociétés démocratiques. C’est tout à fait faux. Le peuple tunisien a détruit cette thèse et donné une leçon à l’Occident.

L’intégrisme n’est qu’un prétexte ?

Malheureusement. Et cela pousse les musulmans dans leur propre communautarisme. ‘’Vous êtes différents puisque vous êtes musulmans!’’ ‘’Il y a une incompatibilité entre l’islam et la démocratie.’’ Ce n’est pas vrai. Ces peuples-là, quand ils ont la possibilité d’aller vers la démocratie, le font. En le payant très cher même. Combien de jeunes assassinés pour la liberté en Tunisie! Nous n’en sommes qu’au début. Cela ne veut pas dire que les islamistes ne vont pas profiter de l’occasion. Il ne faudrait pas être naïf.

Prendre la parole, c’est aussi anticiper ce type d’abus au nom de la protection contre le péril islamiste?

Cet Appel est avant tout une occasion de s’affirmer.

19 Janvier, 2011
Par: Ousmane Ndiaye

Source : RespectMag

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